Vélo et santé - - Vélo, santé publique
L'efficacité de l'exercice physique comme mesure préventive est clairement démontrée depuis des années. Les associations de prévention américaines, canadiennes, européennes, considèrent que la pratique quotidienne d'une activité physique comme mesure préventive est parmi les mesures les plus efficaces.

L'efficacité de l'exercice physique a été confirmée pour au moins 6 affections fréquentes : cardiopathie ischémique (infarctus, angine de poitrine), hypertension, obésité, diabète, ostéoporose, dépression.

- Cardiopathie ischémique
Il n'y pas d'étude prospective randomisée qui démontre cette efficacité, mais les études de cohortes montrent que le risque relatif de décès par affection cardiaque des sédentaires par rapport aux personnes exerçant une activité physique est de 1,9. Ceci correspond à une réduction de 41 % du risque coronaire. Rappelons que l'arrêt du tabac réduit le risque coronaire de 44 %. La réduction absolue du nombre de décès par affection cardiaque serait de 34/10000 années-homme. Cette réduction est également valable chez la personne âgée.

- Hypertension
Les études de cohortes suggèrent que le patient sédentaire a un risque de 35 à 52 % plus élevé que le patient physiquement actif de développer une hypertension, indépendamment des autres facteurs de risque. D'autres études montrent que l'exercice physique permet de diminuer la tension artérielle tant chez le normo tendu que chez l'hypertendu. Cet effet est plus important chez l'hypertendu.

- Obésité
Les études confirment l'efficacité de l'exercice physique indépendamment d'un régime sur la perte de poids. Néanmoins, c'est bien la combinaison avec des mesures diététiques qui est le plus efficace.
Parmi les patients obèses, ceux qui maintiennent une activité physique même sans perte de poids, ont une réduction significative de la morbidité et de la mortalité. Rappelons également qu'il existe une corrélation positive entre la surcharge de poids et le risque de développer certains cancers (endomètre, sein, rein,..).
Par un meilleur contrôle du poids, l'activité physique peut indirectement diminuer les risques de développer ces cancers.

- Diabète
Des études prospectives montrent qu'il existe une relation inverse entre le niveau d'activité physique et le risque de développer un diabète. Cette relation est surtout marquée pour l'homme avec un surpoids mais existe également chez la femme.
Le risque de développer un diabète est réduit de 6 % pour chaque niveau d'effort de 500 Kcal par semaine.

- Ostéoporose
Des études d'intervention non randomisées montrent que l'exercice physique permet d'acquérir une masse osseuse plus importante, de diminuer la perte osseuse lors de la ménopause, et de réduire le nombre de fractures.

- Dépression
Plusieurs études suggèrent que l'exercice physique a un effet favorable sur l'apparition et l'évolution
d'une dépression.

- Cancer du côlon
Plusieurs études prospectives démontrent une relation positive entre l'intensité de l'effort physique et la fréquence du cancer du côlon. Les personnes exerçant une activité physique de plus de 700 Kcal par semaine ont un risque de cancer du côlon réduit de 40%.

Le type d'activité physique qui apporte ces bénéfices sur le potentiel santé est bien connu. Il s'agit d'une activité physique modérée pratiquée quotidiennement. Une activité sportive intensive pratiquée une fois par semaine n'apporte pas ce genre de bénéfice. Il existe une relation linéaire entre le bénéfice santé et l'intensité de l'activité physique (sauf pour les exercices très vigoureux ou dépassant 3000 Kcal/semaine).

Les activités qui peuvent être conseillées sont : la marche rapide, la natation, l'usage du vélo, le jogging, etc..

L'OMS recommande l'équivalent d'une heure d'activité quotidienne modérée accompagnée d'une heure hebdomadaire d'activité plus vigoureuse

En France, chaque année, 170 000 (32 % des décès) personnes meurent d'une affection cardio-vasculaire, 16.000 décèdent d'un cancer du côlon. Quand on sait que la pratique quotidienne d'une activité physique (en l'occurrence le vélo) réduit de 40 % le risque cardio-vasculaire et de 40 % le risque de cancer du côlon, on se rend compte que les bénéfices en terme de santé dépassent largement les risques encourus.

Le vélo, c'est bon pour le moral et la santé!

En s'emparant du thème "Faut-il être en bonne santé pour faire du vélo ?", le dernier congrès du Club des Villes cyclables, tenu à Tours à la fin du mois d'octobre 2004, s'est proposé de traiter de manière originale des liens entre la santé et le vélo.

En général, on présente le vélo comme un excellent moyen de garder une bonne santé (il est prouvé que 30 minutes d'exercice par jour réduisent considérablement les risques d'accidents cardio-vasculaires, par exemple) mais qu'en est-il lorsque l'on est malade, lorsqu'on souffre de handicaps, tels qu'une déficience visuelle, de problèmes cardiaques, de la maladie de Parkinson, d'un cancer ou d'une surcharge pondérale ?

Le vélo a-t-il un quelconque pouvoir thérapeutique ?
A cette question, les premières recherches répondent positivement. Ainsi, une enquête menée auprès d'un échantillon de parkinsoniens révèle que les bienfaits du vélo sont surtout d'ordre psychologique : le vélo est perçu par les malades eux-mêmes comme un excellent moyen de garder le moral, car, disent-ils, il donne la capacité de faire oublier la maladie, de maintenir une certaine autonomie et de conserver un vaste horizon de déplacement. Les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques et qui continuent à faire du vélo sous surveillance médicale soulignent elles aussi à quel point le vélo est intimement lié à un plaisir de vivre retrouvé, allant jusqu'à parler de la agie du vélo.

Le corps et l'esprit
Le corps et l'esprit, la santé physique et la santé mentale, allant souvent de pair, on ne s'étonnera pas que certains intervenants de ce congrès aient cherché à approfondir les réalités de cette relation. Le sentiment d'euphorie que procure le vélo s'explique entre autres par la sécrétion d'endorphines qui accompagne sa pratique.
De même, en brûlant les surplus d'adrénaline circulant dans le sang, le vélo calme, relaxe et agit rapidement sur le stress entraînant à plus long terme une amélioration de la mémoire, de la prise de décisions et du sommeil, ainsi qu'une diminution de la tension artérielle, un ralentissement du rythme cardiaque et une stimulation du système immunitaire.
Dans le cas de personnes diabétiques, il améliore même le contrôle glycémique et permet de ralentir la progression de la maladie.

La conclusion est sans appel, le vélo n'est pas qu'un moyen de garder la santé ! Parce qu'il a le pouvoir de métamorphoser un individu tout en augmentant la confiance et l'estime de soi, le vélo est aussi un moyen de retrouver la santé !

Vaccin contre l'obésité
Lors du congrès du Club de Villes Cyclables qui s'est tenu fin octobre 2005 à Lille, la première journée de conférence fut consacrée à l'influence du vélo sur la santé. Il y a en ce moment une véritable épidémie d'obésité en Europe et dans le monde, notamment chez les enfants (adultes de demain).
Le phénomène est à ce point grave que, si rien ne change fondamentalement, nous pourrions assister à la première diminution de l'espérance de vie de la race humaine depuis son apparition sur Terre (sic).

Risques induits par l'obésité infantile
L'obésité infantile est devenue un enjeu de santé publique majeur dans la plupart des pays industrialisés. En France, elle touche actuellement près d'un enfant sur six. Il est aujourd'hui avéré qu'un enfant obèse risque fortement de le rester à l'âge adulte, entraînant une augmentation considérable de maladies associées (maladies cardiovasculaires et diabète de type 2) et diminuant de 13 ans son espérance de vie. La prise en charge restant difficile et encore peu évaluée, il est fondamental de prévenir et prendre en charge dès le plus jeune âge la prise de poids excessive des enfants.

Le vaccin vélo, est donc un vaccin très efficace pour prévenir l'obésité par l'exercice physique quotidien sur le chemin de l'école.

Sources : Congrès du Club des Villes Cyclables - Tours, octobre 2004,
Congrès du Club des Villes Cyclables - Lille, octobre 2005,
GRACQ - Les Cyclistes Quotidiens, Bruxelles,
PNNS2, OMS
www.villes-cyclables.org
www.cyclocardiaques.org   (Amicale des cyclo-cardiaques)
www.cyclisme-handisport.org

Date de création : 29/05/2006 @ 20:24
Dernière modification : 29/05/2006 @ 20:24
Catégorie : Vélo et santé
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Réactions à cet article


Réaction n°2 

par Annabelle le 25/05/2011 @ 12:15

 Merci pour cette excellente contribution, et par extension ce très bon site web.
 
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